2010 – décembre – journée d’études André Dhôtel
Journée d’études
organisée par Philippe Blondeau
vendredi 10 décembre 2010, 9h-18h, Université de Picardie
PRÉSENTATION
Cette journée prélude à la publication d’un dossier dans la revue Roman 20-50, en 2011, dossier coordonné par Marie-Hélène Boblet-Viart et Philippe Blondeau. Une précédente journée d’études sur André Dhôtel avait eu lieu à Amiens en 2002 ; il s’agira cette fois, conformément au principe de la revue, de s’intéresser plus particulièrement à deux romans : La Tribu Bécaille, Gallimard, 1963, réédition Folio, 2003 ; Le Mont Damion, Gallimard, 1964, réédition Phébus, collection « Libretto », 2006.
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Après le centième anniversaire de la naissance d’André Dhôtel, en 2000, de nombreuses rééditions – notamment dans la collection de poche « Libretto » des éditions Phébus – ont jeté un coup de projecteur sur une œuvre un peu oubliée, qui reste largement à découvrir. Pour encourager cette découverte, Roman 20-50 propose une réflexion sur deux romans qui donnent une juste image d’un ensemble si continu et homogène qu’il peut sembler difficile a priori d’y opérer une sélection.
Publiés respectivement en 1963 et 1964, La Tribu Bécaille et Le Mont Damion se situent à l’exact milieu d’une production de quarante titres. Profondément ancrés dans le territoire ardennais, ils exploitent tous deux ce merveilleux singulier, subtil mélange de légende et de réalisme provincial, qui est devenu une véritable marque de l’auteur. Ils illustrent par ailleurs deux orientations sensiblement distinctes : Le Mont Damion, bien qu’il ait été publié dans la collection « blanche » chez Gallimard, appartient à cette catégorie de romans de la géographie fabuleuse, qui commence avec Le Pays où l’on n’arrive jamais et qui – sans exclusivité – se veut visiblement accessible à un public de jeunes lecteurs. L’esprit d’enfance en effet, entendu comme disponibilité à ce qui arrive, comme relation instantanée au monde qui se présente, y gouverne l’histoire et le récit. La Tribu Bécaille, bâtie sur une intrigue plus complexe et plus diverse, propose un dispositif narratif plus ambitieux utilisant – cas unique chez Dhôtel – la forme d’un journal intime aux multiples récits enchâssés. La complexité narrative, faite d’épisodes et de fragments, permet de mettre en place un personnel romanesque emblématique. L’art de la trouvaille, de la combinaison et de l’occasion caractérise l’ethos des personnages autant que l’art poétique de l’auteur.
Au-delà de cette diversité, qu’on a parfois tendance à oublier, on s’interrogera, à partir de ces deux livres, sur ce qui fait le charme si particulier des romans de Dhôtel : l’allure du récit, la couleur d’une écriture, les sources personnelles et culturelles d’un imaginaire et d’une attitude existentielle. On les situera également dans leur histoire et leur contexte, afin de souligner l’intérêt et la richesse de cette œuvre singulière, et notamment son importance pour le renouvellement du merveilleux.
Intervenants :
Marie-Hélène Boblet-Viart (Université Paris III)
Isabelle Casta, Philippe Blondeau, Guillaume Pajon (UPJV, IUFM d’Amiens)
Danièle Dubois-Marcoin, Francis Marcoin (Université d’Artois)
Christine Dupouy (Université de Metz)
Audrey Camus (Université Mc Gill – Canada)
Edith Perry, Patrick Antoniol (professeurs de lettres dans l’enseignement secondaire)